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Relations chrétiennes

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Le pardon

Nous utilisons bien souvent des mots sans trop connaître leur véritable signification, ce qui produit de nombreux malentendus et des échanges à n'en plus finir.

Je crois qu'il en est ainsi pour le pardon. Aussi cherchons d'abord la signification du pardon.
Que veut dire "pardonner?"

Examinons les mots principaux utilisés dans la Bible pour définir le pardon, sachant comme je le dis bien souvent que pour parler des choses de la Bible, il faut utiliser le vocabulaire de la Bible.

Puisque le pardon est en premier lieu d'essence divine donc spirituel, utilisons des

discours spirituels pour exprimer les choses spirituelles (1 Corinthiens 2.13).

Voici quelques définitions de dictionnaire biblique Emmaüs :

[Pardon. Pardonner.] 

Dans l’A.T. les textes qui parlent du pardon utilisent principalement 3 mots dont les racines sont 

1) kipper,  qui évoque l’expiation : 

Esaïe 6.7 Il en toucha ma bouche, et dit: Ceci a touché tes lèvres; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié. 

2) nasa littéralement lever, élever, porter. 

On trouve ce mot dans les passages suivants, toujours avec le sens de décharger quelqu'un du fardeau de son péché : 

Le 5.1, 17; 17.16; 20.19; 24.15; Eze 23.35, qui parle des conséquences du péché et du châtiment qui en résulte, que parfois quelqu’un d’autre pourrait porter Ex 34.7; Le 19.1 

Esaïe 53 exprime parfaitement l'œuvre de Jésus qui s'est chargé de notre péché, il a pris, porté nos iniquités, il nous a déchargés de notre fardeau.  Esaïe 53.4, 12, annonce le serviteur souffrant

3) enfin salaH littéralement remettre une dette, une faute 

1Rois 8.30, 39; Esaïe 55.7 ou ne pas la remettre 2 Rois 24.4.

Avec ce mot "salaH" nous comprenons que "pardonner à ceux qui nous ont offensés" c'est de ne pas leur en tenir rigueur, leur remettre la dette, effacer le contentieux.

Comme nous pouvons le constater, dans le fait de pardonner se rejoignent : l'expiation, la substitution et la rédemption. (Voir "La Croix de Christ")

Expier, est la traduction du verbe hébreu 'kaphar', qui signifie primitivement couvrir. Ainsi, dans Genèse. 6.14, le verbe employé à propos de la construction de l’arche est kaphar: "Tu l’enduiras de poix." Ce verbe prend ensuite le sens d’ôter, effacer, expier. Un péché expié est un péché soustrait à la vue de Dieu, couvert.

Ps. 32.1 : "Heureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert".

L’expiation s’opère par la croix du Calvaire, c.-à-d. le sacrifice de Jésus-Christ, victime innocente, réconciliant le Dieu saint et l’homme pécheur. La mort du Christ est une expiation parce qu’elle couvre le péché des hommes et offre à Dieu la possibilité de pardonner, puisque sa justice est satisfaite. Il y a dans la justice de Dieu un principe fondamental : "sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon."

Hébreux 9:22 : "Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon."

Et comme le sang des animaux ne pouvait ôter définitivement le péché, il a fallu un sacrifice plus excellent, un sacrifice parfait : l'offrande du corps de Jésus-Christ sur la croix : Hébreux 9.1/7.

N'oublions jamais ceci : le pardon ne peut être accordé que sur le principe de la justice de Dieu.

  • Romains 3.19/26 : "Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. Car nul ne sera justifié devant lui par les oeuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché.Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction.Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus."

Afin que le pardon que Dieu accorde à ceux qui croient en Jésus, ne puisse être contesté par personne (même par Satan notre accusateur implacable), ce pardon est établi sur le sacrifice de Christ à la croix, son sang offert et répandu pour nous en étant le prix.

Le sang de Jésus ferme la bouche à tout accusateur qui voudrait nous confondre devant Dieu : Zacharie 3. 1/5 et Apocalypse 12.10/11.

Nous, nous pouvons pardonner aux autres leurs offenses, mais nous ne pouvons les expier. 
Expier ce serait, pour le coupable, endurer la peine qu’il a méritée. Mais pour l’innocent, pour Jésus, Il a enduré la peine que les autres ont méritée; Il a souffert à la place des pécheurs (1Pi 2.24; 3.18), d'où l'utilisation du mot : nasa', qui signifie "porter" à la place de quelqu'un d'autre, c'est-à-dire se substituer au coupable, tel que le Seigneur Jésus-Christ l'a fait pour nous.

Tel est le sens biblique de l’expiation. L’expiation a pour origine le principe de la sanction: le mal doit être puni, principe formulé dans la Bible à plusieurs reprises: "Dieu ne tient pas le coupable pour innocent" (Ex 34.7). Jésus a accepté de porter le poids de cette sanction, de cette condamnation universelle.

Esaïe 53 : "Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur LUI."

Dans le N.T., les mots principaux utilisés pour le pardon sont : 

"aphiêmi" de la racine aphesis = détacher, envoyer au loin, donc remettre dettes ou péchés, d’où l’idée de rémission et de pardon Mt 6.12, 14, 15; 9.2; 12.31, 32. 

"hilaskomai" expier, pardonner Lu 18.13; Heb 8.12 (citant Jérémie 31.34).

"apoluô", littéralement relâcher dans le sens d'absoudre et de libérer de la faute. Lu 6.37 "kaluptô" littéralement couvrir, parfois utilisé à propos des péchés Rom 4.7 (citant Ps. 32.1) Jacques 5.20 (citant Prov. 10.12) 1Pe 4.8 (citant également Prov. 10.12)

Au sujet de ce dernier mot, rappelons nous que

"Celui qui couvre une faute cherche l’amour, Et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis." Proverbes 17:9

 "l’amour couvre toutes les fautes." Proverbes 10:12

C'est ici qu'intervient la véritable notion du pardon. Dans l'AT, nous trouvons sur l'arche d'alliance, dans le lieu très saint, "le propitiatoire", en hébreu " kapporet, couverture" = qui couvre le péché et rend Dieu propice, favorable au pécheur.

Lorsque nous pardonnons à quelqu'un qui nous a offensé, nous le mettons au bénéfice de l'expiation divine, du sacrifice de Jésus, du sang de Christ, qui le couvre et le purifie de son péché. C'est pour cela que nous comprenons que dans ce pardon entre nous, il y a toujours le sang de Jésus, qui l'avalise dans le ciel.

Matthieu 18:18 : "Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel."

En réalité, le pouvoir d'absoudre le coupable, d'effacer le péché, revient à Dieu. Nous, nous faisons fonction d'intercesseurs en faveur de ceux qui nous ont offensés : "Père pardonne lui, car moi je lui pardonne !"

De même que Dieu nous dit : Toi ! Pardonnes ! Car moi qui suis le Dieu saint, Je lui ai pardonné.

Alors nous sommes assurés de la miséricorde du Seigneur.

 

Il y a encore un point que je voudrais souligner dans la notion du pardon, c'est le sens du mot aphiêmi de la racine aphesis = détacher, envoyer au loin.

Trois mots hébreux sont utilisés pour exprimer différents aspects du pardon (nous l'avons vu ci-dessus) ; l’un d’eux (nasa’) signifie fondamentalement "soulever" ou "transporter", et illustre clairement le fait que le péché est enlevé et emporté au loin. 

Il y a dans l'AT un sacrifice qui comportait l'utilisation de deux boucs.

  • Lévitique 16.5/10 : "Il recevra de l’assemblée des enfants d’Israël deux boucs pour le sacrifice d’expiation et un bélier pour l’holocauste. Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l’expiation pour lui et pour sa maison. Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l’Eternel, à l’entrée de la tente d’assignation. Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Eternel et un sort pour Azazel. Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’Eternel, et il l’offrira en sacrifice d’expiation. Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l’Eternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel.

  • 16.21/22 : "Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert."

Ce bouc chassé dans le désert, qui emporte sur lui les iniquités d'Israël est une figure symbolique de Jésus, qui ayant pris sur lui tous nos péchés, à souffert HORS DU CAMP pour en faire l'expiation et les éloigner de nous à jamais (Hébreux 13.11/13).

L'expression "pour Azazel", dans Lévitique 16.10, signifie "pour un renvoi total, c.-à-d. bannissement, solitude". La signification de ce verset est donc: "l’un pour l’Eternel, et l’autre pour un retranchement total". Ce texte un peu mystérieux, illustre très bien les passages suivants :

  • Psaumes 103:12 : "Autant l’orient est éloigné de l’occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions."

  • Jérémie 50:20 : "En ces jours, en ce temps-là, dit l’Eternel, On cherchera l’iniquité d’Israël, et elle n’existera plus, Le péché de Juda, et il ne se trouvera plus."

  • Michée 7:18 : "Quel Dieu est semblable à toi, Qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, Car il prend plaisir à la miséricorde. "

  • Esaïe 43:25 : "C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, Et je ne me souviendrai plus de tes péchés."

Le pardon que nous accordons aux autres repose donc sur deux choses essentielles :

1) l'expiation des péchés par le sang de Jésus

2) le rejet de l'offense loin de nos pensées, comme Dieu le fait pour nous.

  • Esaïe 38 : "Tu as pris plaisir à retirer mon âme de la fosse du néant, Car tu as jeté derrière toi tous mes péchés."

C'est désormais du passé, passée sur laquelle on ne revient plus; on ne se retourne pas sans cesse..

Est-ce que dernière nos questions compliquées, il n'y aurait pas la recherche d'arguments justifiant nos difficultés à pardonner.

L'instruction du Seigneur est sans ambiguïté :

  • Matthieu 5:48 : "Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait."

  • Ephésiens 4:32 : "Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ."

 

Je voudrais enfin souligner un point qui nous aide à comprendre notre difficulté à pardonner : c'est que nous n'avons pas compris le sens profond du pardon de Dieu à notre égard.

Combien sont encore sous le poids de leurs péchés, n'ayant pas totalement reçu par la foi le pardon de Dieu ? Il y a souvent dans notre démarche pour recevoir le pardon, la vieille notion "du mérite". Ou nous pensons que nous ne le méritons pas ou nous faisons tout ce que nous pouvons pour le mériter, nous replaçant ainsi sous le principe de la loi de l'Ancienne Alliance, sans nous en rendre compte.

J'ai lu récemment, dans les commentaires de quelqu'un sur le salut, une expression qui m'a étonné : Dieu nous sauve quand nous l'aimons !

Heureusement qu'il n'en est pas ainsi, car notre amour pour Dieu ne serait jamais suffisant pour être pardonné.

La Bible nous dit qu'au contraire que nous aimons Dieu car il nous a aimés le premier.

  • 1 Jean 4.9/11 : "L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres."

Nous devons admettre que notre amour dépend de notre compréhension de l'amour de Dieu pour nous. Mieux nous comprenons combien Dieu nous aime, mieux nous sommes capables de L'aimer à notre tour, ainsi que notre prochain.

Nous lisons encore :

  • Romains 5:8/10 : "Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie."

Plus nous entrons dans la conscience de l'amour de Dieu pour nous, plus nous en réalisons la dimension : la profondeur, la hauteur, la longueur et la largeur, plus nous sommes capables de pratiquer le pardon à l'égard de ceux qui nous offensent et de leur manifester de l'amour.

  • Ephésiens 3.16/19 : "afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu."

Le compagnon impitoyable dont Jésus parle (Matthieu 18.23/35) n'avait pas compris l'importance de la grâce qui lui avait été faite, c'est pour cela qu'il n'a pas pu être clément à l'égard de celui qui avait une dette envers lui. Il n'avait pas de compassion pour son débiteur car il n'avait pas été touché par la compassion de son maître à son égard.

Voilà, je crois, la clé du pardon réciproque : mieux nous comprendrons l'amour miséricordieux de Dieu à notre égard, plus nous serons capables de miséricorde à l'égard des autres.

Souvenons-nous comment notre Père céleste a eu compassion de nous, afin que nous aussi, nous éprouvions de la compassion pour nos frères et sœurs.

  • Matthieu 18:33 : "Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?"

Je vous entends déjà me dire : "Que faites vous de la repentance de celui qui a commis l'offense ?" Voici la réponse du Seigneur lui-même :

  • Luc 17:3 : "Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le; et, s’il se repent, pardonne-lui."

Il existe dans les Écritures, un enseignement important sur la repentance et la confession des péchés. J'en parle dans plusieurs textes de "pasteurweb". Il sera peut-être intéressant d'y revenir avec une plus grande précision, mais permettez-moi de vous rappelez cette parole du Seigneur dans l'Apocalypse :

  • Apoc.2.21/23 : "Je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu’ils ne se repentent de leurs oeuvres. Je ferai mourir de mort ses enfants; et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les coeurs, et je vous rendrai à chacun selon vos oeuvres."

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